M. le président. - Amendement n°376 rectifié, présenté par MM. Legendre, Gouteyron, Marini, Romani, Bourdin, Duvernois, Fournier, Gaillard et Cointat.
Compléter le second alinéa de cet article par une phrase ainsi rédigée :
Elle participe à un espace francophone de solidarité.
M. David Assouline. - Dans ce débat très riche, j'ai le sentiment que beaucoup combattent davantage des démons que la réalité. Nous sommes tous ici attachés aux principes fondamentaux de notre République. Leur construction est un combat jamais achevé : je comprends que certains craignent que la mention des langues régionales ne fragilise l'édifice. Mais si autant de doutes s'expriment, c'est qu'il se passe quelque chose dans la société, une menace peut-être pour l'unicité de la République, la laïcité, la langue française. Dans nombre de pays, le nationalisme et ses dangers ont surgi, jusqu'en Europe, dans les Balkans. A chaque fois, parce que des États autoritaires avaient imposé l'écrasement des minorités et de leurs langues, au lieu de les faire disparaître, il a préparé leur explosion. Il n'en a pas été ainsi en France, point de baïonnettes aux portes de la langue française pour faire triompher le séparatisme. Pourquoi être sur la défensive ? Ce qui fragilise le plus la langue française, jusque dans les actes les plus courants, c'est la langue anglaise ; la vraie menace est là.
Il est difficile pour un professeur d'éducation civique d'évoquer devant ses élèves le problème du racisme ; comment leur expliquer que les races n'existent pas mais que le mot figure dans la Constitution ?
M. Jean-Jacques Hyest, rapporteur. - Nous avons voté sur le sujet.
M. David Assouline. - Je fais le lien entre les deux thèmes. Certains disent que lorsqu'on touche aux fondations, on fragilise l'édifice ; c'est une position défensive. Personne ici ne veut fragiliser notre langue. On s'inquiète de la façon dont on veut intégrer les langues régionales ; les aurait-on placées au même niveau que la langue française qu'on aurait craint la confusion. Je suis au total très embarrassé. J'ai le sentiment que beaucoup se battent non contre ce qui menace la République et son unicité mais contre des épouvantails.