Dépêche AFP

jeudi 23 février 2006, 17h26 La bataille du CPE se déplace au Sénat, étudiants et lycéens dans la rue

jeudi 23 février 2006, 17h26

 

La bataille du CPE se déplace au Sénat, étudiants et lycéens dans la rue

 

PARIS (AFP) - La bataille du CPE s'est déplacée jeudi au Sénat où le projet de loi égalité des chances a entamé, dans un climat tendu, sa dernière ligne droite parlementaire alors qu'étudiants et lycéens descendaient dans la rue pour exiger son retrait.

Plusieurs milliers de jeunes dont de très nombreux lycéens ont manifesté à Paris, Rennes et Toulouse à l'appel de plusieurs organisations dont l'Unef, principal syndicat étudiant. A Paris, les manifestants, dont de très nombreux lycéens, ont défilé aux cris de : "assez de cette société qui n'offre que la précarité".

Ces manifestations entendent maintenir la lutte contre le Contrat première embauche en attendant la journée d'action nationale du 7 mars.


Les sénateurs PS, PCF et Verts ont déclenché jeudi les hostilités sur le projet de loi qui instaure le CPE, en débutant la discussion à coups de rappels au règlements et de suspensions de séance.
Comme à l'Assemblée nationale, les élus de gauche ont montré leur combativité en mettant en oeuvre leur stratégie de harcèlement du gouvernement. Lors de la séance des questions au gouvernement, toutes celles du PS ont ainsi porté sur le CPE.


De son côté, la majorité UMP a affiché une solidarité sans faille derrière le gouvernement, qui a pris toutes les dispositions pour éviter un retard dans la discussion. Il a fait suspendre dans la nuit de mercredi à jeudi la discussion d'un texte -sur le volontariat associatif - qui risquait de repousser de quelques heures l'examen du CPE.


Mercredi après-midi déjà, un débat sur l'Union européenne prévu dans l'hémicycle avait été retiré de l'ordre du jour, pour se tenir dans une salle de réunion.


Le président du groupe socialiste Jean-Pierre Bel a accusé l'UMP et le gouvernement de vouloir "escamoter le débat au Sénat" par des "tripatouillages de l'ordre du jour". "Ce débat est nécessaire car il a été interrompu à l'Assemblée nationale par l'utilisation du 49.3", a-t-il ajouté.


Pour le PCF, Roland Muzeau a demandé la levée de l'urgence tandis que David Assouline (PS) exhortait les sénateurs à "arrêter d'être des godillots".


La course de vitesse est désormais lancée au Palais du Luxembourg entre une majorité qui veut boucler l'examen de ce texte le 3 mars, et une opposition qui veut ralentir les débats, avec en ligne de mire la journée d'action anti-CPE du 7 mars.

Plus de 600 amendements ont été déposés par la gauche, 350 pour le PS et 250 pour le PCF. Trois motions de procédure ont été également déposées. 23 orateurs sont inscrits pour la discussion générale.


Le ministre de la Cohésion sociale Jean-Louis Borloo a assuré qu'il était "prêt à travailler le lundi et le vendredi". Il a longuement défendu ses deux précédents projets de loi sur le logement et la cohésion sociale et vivement interpellé la gauche sur son bilan et ses "méthodes d'obstruction".


Il a ensuite abordé plus rapidement son texte et notamment le CPE, "ce CDI qui a fait l'objet d'un vote à l'Assemblée nationale tout à fait normalement après 45 heures de débat". Il l'a comparé à "ce qu'on fait dans la fonction publique avec une période d'essai de 3 mois et un stage d'un an avant la titularisation".


Le ministre délégué à l'Egalité des chances Azouz Begag a évoqué le volet anti-discrimination du texte, qui vise à ce que "plus jamais dans notre pays ne se reproduisent les violences de novembre" des banlieues.

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