Le Parisien 23-02-2006

Le Sénat s'empare du contrat première embauche par Philippe MARTINAT

Projet de loi

Le Sénat s'empare du contrat première embauche

 

AVEC ses cheveux longs, son jean et sa silhouette d'adolescent, on le prendrait facilement pour un étudiant un peu attardé. Il y a tout juste vingt ans, David Assouline était le porte-parole du mouvement... étudiant contre la loi Devaquet en 1986.

Une réforme qui voulait renforcer la sélection à l'entrée de l'université. Hasard ou logique de l'histoire, Assouline s'apprête aujourd'hui à mener, en tant que sénateur socialiste, une rude bataille parlementaire contre le CPE et la loi sur l'égalité des chances. « Au Sénat, il n'y a pas comme à l'Assemblée d'article 49.3 permettant de faire voter un texte sans le discuter, explique Jean-Pierre Bel, le patron du groupe PS. Nous prendrons tout le temps qu'il faudra pour examiner ce projet de loi que n'ont pas pu voir nos collègues députés. » Assouline sera sur le pont. « Je reste un militant dans l'Hémicycle, où je vais mettre toute mon énergie pour combattre cette véritable entreprise de démolition du Code du travail représentée par le projet de loi du gouvernement », affirme-t-il.

Assouline est prudent

Proche de Vincent Peillon au sein du courant NPS (Nouveau parti socialiste), Assouline, qui fut aussi l'adjoint à Paris de Bertrand Delanoë (il était alors chargé de... la vie étudiante), fait spontanément le lien avec la mobilisation de 1986 contre la loi Devaquet. « A l'époque, raconte-t-il, on avait déjà l'angoisse du chômage contre lequel le diplôme universitaire nous paraissait un bon passeport. Aujourd'hui, les jeunes ont encore plus de raison de se mobiliser car malgré leurs diplômes, le gouvernement ne veut leur donner autre chose qu'un emploi jetable pendant deux ans. C'est une véritable dégradation du contrat de travail. » Le jeune sénateur a prévu d'intervenir à la tribune pour combattre l'apprentissage dès l'âge de 14 ans et le travail de nuit rendu possible pour les jeunes par le texte sur l'égalité des chances. En attendant la manifestation prévue le 7 mars, un premier cortège devrait se former aujourd'hui entre la place d'Italie et la Nation. Les organisateurs seront reçus par le groupe PS. Le mouvement trouvera-t-il la même force qu'en 1986, où près d'un million de jeunes avaient manifesté à Paris ? Assouline est prudent : « On ne sait jamais si ça va prendre ou pas. Mais il y a tous les ingrédients pour une forte mobilisation. »

Philippe Martinat

 

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