Référundum sur la Constitution Européenne

La direction doit tenir compte des convictions exprimées par les 41 000 militants socialistes qui ont voté « non », des inquiétudes de nombreux partisans du « oui », et de millions de militants associatifs, syndicaux et d’électeurs de gauche.

 

Le parti est en grave difficulté. Il n’y a plus un jour sans que la presse consacre ses pages politiques aux petites phrases des uns contre les autres, sous le regard amusé et compatissant de la droite. Pourtant, le gouvernement et la droite n’ont jamais été autant contesté qu’en ce moment : mobilisations des lycéens et des chercheurs, énorme succès de la journée syndicale unitaire du 10 mars. Notre base politique se bat contre la droite, le parti se bat contre lui-même. Il faut que cela cesse. Comment ? D’abord en consacrant toute notre énergie à soutenir sans ambiguïté le mécontentement social qui s’exprime, en donnant enfin une vraie priorité à l’élaboration de notre projet pour 2007 qui justement doit puiser ses réponses en dialogue avec le mouvement social qui s’exprime dans tout le pays. Assez des jeux de positionnement, place à la politique, aux idées et au combat contre la droite ! C’est la priorité au NPS, nous appelons tous les militants à participer à l’élaboration de nos contributions et à se mobiliser pour la réussite du grand forum public que nous organisons le 12  juin à Paris. Bien sûr, il y a dans la crise publique de notre parti la question du référendum. Qu’a fait la direction du parti pour l’éviter ou pour la maîtriser ? Parce qu’elle est en responsabilité, elle est la première responsable. Malgré nos fortes convictions pour le « non », et par loyauté envers tous les militants qui ont cru au débat démocratique interne, le NPS a choisi de ne pas gêner la campagne du Parti pour le « oui ». Nous avons pris nos responsabilités. Nous ne sommes pas d’accord, ni sur le contenu du traité, ni avec l’appréciation sur les conséquences de son rejet, qui, à nos yeux, serait plutôt susceptible de créer le rapport de force face au cours libéral que prend la construction européenne aujourd’hui. Mais la direction doit tenir compte des convictions exprimées par les 41 000 militants socialistes qui ont voté « non », des inquiétudes de nombreux partisans du « oui », et de millions de militants associatifs, syndicaux et d’électeurs de gauche. Elle doit permettre l’unité du parti et le rassemblement de la gauche au lendemain du référendum. Pas seulement le rassemblement des appareils conscients de leurs intérêts électoraux communs, mais le rassemblement sur le fond des valeurs et du programme antilibéral à mettre en oeuvre dans l’intérêt de nos concitoyens. Pourquoi la direction expliquait aux militants qu’il fallait approuver le traité pour mieux le renégocier après, et fait campagne devant tous les français pour un « oui enthousiaste, franc et massif » ? Pourquoi laisse-t-elle croire que le clivage existant avec le gouvernement sur la politique en France, n’existe pas sur l’enjeu européen ? C’est dans ce contexte que prennent de l’ampleur publique les divergences internes et les instrumentalisations gauchistes contre notre parti. Nous en appelons à François Hollande : la campagne du parti doit vite changer de cours et parler de l’Europe que nous voulons tous, que veulent ceux qui nous ont fait confiance en juin,l’Europe sociale, l’Europe démocratique, l’Europe puissance. Elle doit affronter les politiques libérales. Quand à « l’affaire de Guéret », tout le parti se doit d’avoir un seul discours : assez de la violence politique à gauche dans les manifestations ! Tous les partis et organisations qui se réclament de la gauche et du progrès, doivent mettre au banc ceux qui la pratiquent ou l’encouragent. Certains trouvent normal de manifester ou « colloquer » avec Tariq Ramadan, de signer des appels avec des « communautaristes » et avec ceux qui combattent les valeurs laïques qui fondent la gauche, mais veulent interdire de manifestation notre parti et son premier secrétaire : qu’ils sachent que nous les combattrons avec la plus grande fermeté et énergie.

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