Intervention de David ASSOULINE, Banquet Républicain du NPS-Paris, Gymnase de la Bidassoa, le 21 avril 2005
Chers camarades, chers amis,
Je suis très heureux de vous accueillir dans le 20è arrondissement où je vie, milite et suis élu, avec mes amis Moïra Guilmart adjointe au Maire de Paris chargée du Patrimoine, Daniel Duchemin adjoint au Maire du 20è chargé des affaires sociales, Katia Lopez chargée de l'insertion, mais aussi de nos élus parisiens, tout d'abord de mon alter-égo à la direction du NPS Paris Guillaume Balaz Conseiller Régional, de Aude Evin Conseillère Régionale et élu du 14è, Alain Morel, Conseiller de Paris et élu du 6è, Corinne Barlis Conseillère de Paris et 1ère Adjointe du 9 è, et de toutes celles et ceux de l'équipe d'animation du NPS Paris qui ont fait en sorte que ce banquet " 6è Républicain " soit une réussite, en particulier Sandrine Charnoz.
Je veux surtout dire un grand merci, à celles et ceux qui ont pris en charge l'organisation matérielle, tables, chaises, boissons, banderoles, SO, etc...( Sandra, Messaouda, Julie et d'autres), sans oublier ceux qui ont mobilisé en moins de deux semaines, en ne communicant qu'à l'intérieur de notre parti, sans tract ni affiches, sans moyen de la fédération, pour une soirée payante, et permis la participation de 500 camarades de notre Parti de la seule fédération de Paris, même si j'ai remarqué une dizaine de nos voisins de banlieue.
En votre nom à tous je veux dire aussi bienvenue à nos responsables nationaux : Benoit Hamon, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, qui ont accepté de passer cette soirée avec nous, simplement, autour d'un repas, pour répondre à vos questions mais aussi pour discuter à table directement et faire la fête.
Chers amis, nous allons parler du diagnostic de la société dans le cadre du projet socialiste à élaborer pour la période qui s'ouvre devant nous. Il faut bien que certains appliquent la décision du dernier Conseil National, qui sur proposition de François Hollande, a ouvert ce débat à tous les militants, car il est prévu de voter dès juin. Il reste peu de temps.
Nous sommes décidément très loyaux envers les décisions votées, même quand la direction ne les respecte pas vraiment.
Quand on voit l'excitation, l'énervement, les déchirements qui ont lieu en ce moment sur la question du référendum, sommes-nous dans le bon ton, sommes-nous hors sujet ?
Le ton convivial choisi ce soir, c'est notre marque de fabrique. Nous sommes heureux de militer ensemble, d'essayer de bouger les lignes, d'élaborer un projet pour transformer notre société et de peser sur le cours de la vie. Nous sommes heureux de vouloir construire un nouveau Parti Socialiste, et nous voulons qu'il ressemble à la société que nous construisons, égale, libre, fraternelle, joyeuse, alors on commence ici.
Nous sommes heureux d'agir à partir de convictions fortes, chevillées au corps, que nous défendons avec enthousiasme, pied à pied dans notre parti, d'appeler les militants à choisir, puis de respecter leurs choix sans rien abandonner de nos convictions, sûrs que la prochaine fois nous serons encore plus écoutés.
Convaincre, convaincre, convaincre, c'est notre méthode, il n'y a pas d'autre chemin ni raccourci.
Nous sommes heureux d'agir dans notre parti, vieux de 100 ans, avec ses hauts et ses bas, tout entier lié aux espérances et aux malheurs du siècle que nous venons de quitter, dans ce parti qui reste le cœur de la gauche, et qui sera le cœur du rassemblement pour chasser la droite et changer d'avenir en 2007 s'il ose un nouveau projet.
Alors oui, nous pensons toujours " non " à la Constitution européenne qui est proposée, nous avons dit pourquoi depuis le congrès de Dijon, nous avons combattu et expliqué. Nous étions les premiers, quand on nous regardait avec des yeux ronds l'air de dire " ils sont à côté de la plaque, il y a des sujets plus importants ", nous avons demandé un vote des militants, nous l'avons obtenu et non sans mal, nous avons été minoritaires mais avec 42 000 militants qui ont pensé comme nous.
La majorité des militants ont décidé de dire oui, souvent impressionnés par les arguments sur le prétendu isolement de notre position par rapport à notre électorat ; demain nous ferons le bilan avec eux, et pour pouvoir le faire avec eux nous restons avec eux, nous respectons leur choix, nous sommes loyaux.
Nous ne menons pas campagne, ni contre notre conviction, ni contre le vote démocratique du 1er décembre.
Mais par delà le " oui " ou le " non ", qui a son importance, le fond est et restera : dans la globalisation, face à la mondialisation ultra-libérale, continuer à agir en socialiste et à peser pour transformer le monde et la France n'est possible qu'à l'échelle pertinente, l'Europe.
L'Europe n'est pas en soi un idéal, l'Europe est une nécessité pour faire triompher nos valeurs, l'égalité entre les citoyens et les peuples, la liberté, et la paix. Elle doit donc être, non seulement notre rempart contre le libéralisme, mais l'ensemble continental, fédéral et démocratique, qui montre qu'un autre monde est possible. Une Europe puissance. Nous voulons plus d'Europe.
Pour cela, nous ne pouvons accepter, au risque d'handicaper tous nos combats, qu'elle soit libérale dans ses fondements, car de rempart elle devient cheval de Troie, et accélère même les politiques destructrices sur tous ce que les citoyens de notre pays ont conquis de haute lutte pour se protéger : sécurité sociale, retraites, services publics, salaires, code du travail, etc...
Avec ou sans Constitution, c'est cela l'enjeu de notre époque.
Dans ce combat, cette Constitution là, intégrant pour les figer les traités dans sa partie 3, serait un point marqué par le libéralisme, c'est pourquoi nous la contestons. D'autres camarades, sincèrement convaincus du même combat que nous, pour une Europe fédérale, sociale et démocratique, pensent au contraire que cette Constitution ne change rien, ou qu'elle comporte quelques avancées, qu'il faut l'accepter pour ensuite créer les rapports de force afin de l'améliorer et obtenir un traité social, l'harmonisation fiscale etc....
Le 30 mai, alors, nous nous retrouverons avec ceux-là sur l'essentiel et sur la nécessité d'une renégociation et d'un compromis qui passe par l'éviction de la partie 3. Voilà, la seule perspective politique pour la gauche unie après le référendum. C'est une perspective qui forcément unira des forces de gauche qui ont dit non et d'autres qui ont dit oui.
C'est une tautologie de dire que le " oui " comme le " non " sont hétéroclites. C'est évident. Rien de commun entre Chirac et Hollande, encore plus rien de commun entre De Villiers et Emmanuelli ou entre Le Pen et Buffet. Camarades, ça vaut mieux en le disant clairement.
Mais entrons un peu plus dans le détail, ce que nous savons aussi, c'est qu'il y a des " oui " à gauche qui sont différents, certains semblent accepter le libéralisme comme horizon indépassable à humaniser, d'autres pensent le contraire comme nous. Il y a des " non " à gauche différents aussi : certains sont " souverainistes " ou " gauchistes ", d'autres sont " fédéraux " et " sociaux ", comme le nôtre.
Etre clair, être honnête, quand on est pour le " non " comme nous, ce n'est pas faire semblant, le temps d'une campagne, que le " oui " ou le " non " en soi, crée une perspective politique.
Nous lançons un appel à tous nos camarades, que le " oui " ou le " non " passe, n'insultez ni l'avenir ni nos propres électeurs qui sont au mieux très partagés : pas un militant socialiste, pas un électeur de gauche ne sera de trop demain.
La perspective politique doit être, le rassemblement de la gauche pour une Europe fédérale et sociale, contre le libéralisme, et pour la victoire en 2007 contre la droite de Chirac-Raffarin-Sarkozy et l'extrême droite.
A la direction de notre parti, nous disons : vous ne pouvez plus ignorer la nature de la crise de confiance dans ce pays, la révolte de celles et ceux qui ont toujours constitué le peuple de gauche : il y a eu le 21 avril 2002, et quelque soit le résultat du référendum, il y a avril 2005 ! Notre projet doit en tirer toutes les conséquences, et sera alors notre meilleur candidat !
En effet, cette victoire, nous ne l'obtiendrons plus par défaut, il nous faut la bâtir à partir d'un projet conforme à nos valeurs, un projet que nous serons décidés à mettre en oeuvre, un projet qui suscite à nouveau l'adhésion des couches populaires. Il devra affronter quelques questions essentielles, qui sont celles dont on parlera ce soir :
Quelle construction européenne pour faire face à la mondialisation libérale ?
Comment affronter les chocs de l'avenir : démographie, climat, énergie, eau ?
Comment répondre à la question sociale dans le nouveau capitalisme ?
Comment rompre avec cette société d'inégalités et de discriminations?
Comment sortir de la crise démocratique
Ce soir, nous sommes donc bien dans le sujet, les sujets essentiels.
Avant de passer la parole aux camarades qui veulent poser des questions, je veux conclure en disant haut et fort : dans cette situation difficile pour notre parti et pour nous-même, nous tirons notre force, je dirais même " tranquille ", du fait que notre position s'appuie sur le respect de trois convictions :
1) le non que nous avons défendu en interne et qu'en conscience nous sommes libres d'exprimer dans le secret de l'isoloir que la République a prévu à cet effet, parce que ce " non " peut obliger à une renégociation en vue de doter l'Europe d'une Constitution démocratique que nous appelons de nos voeux.
2) la démocratie, qui est toujours le meilleur moyen de vivre ensemble, même dans un parti, et c'est pourquoi nous la respectons y compris quand son verdict nous désole, en ne menant aucune campagne publique.
3) l'unité, parce que le 30 mai, elle sera pour notre parti l'instrument essentiel de la victoire en 2007.
Ces convictions ne peuvent varier au grès des sondages, parce que ce sont des convictions. Voilà notre façon de faire de la politique.
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