Séance des 28 et 29 avril 2003
Intervention de David ASSOULINE,
Adjoint au Maire de Paris en charge de
Membre du groupe socialiste et radical de gauche au Conseil de Paris
Rapport annuel du Conseil de la Citoyennté
des Parisiens non-communautaires
Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,
Parmi les étrangers non communautaires qui viennent et séjournent dans notre ville, on dénombre plusieurs dizaines de milliers d'étudiants. La réputation de nos écoles supérieures et de nos universités, mais aussi le rayonnement général de Paris à travers le monde ont, il est vrai, de quoi séduire et attirer.
Premier débat : est-ce utile, positif pour une ville voire un pays d'accueillir ainsi des étudiants et chercheurs étrangers ? La réponse n'est pas évidente, à en juger du moins avec toutes les mesures vexatoires qui les ont longtemps pénalisés. Rappelons-nous par exemple les conditions déplorables d'accueil naguère en vigueur au centre Miollis, chargé de délivrer les cartes de séjour pour étudiant, que
Notre réponse est aujourd'hui bien claire. Oui, il est utile d'accueillir dans de bonnes conditions des étudiants du monde entier. Oui, cela profite au dynamisme de l'enseignement supérieur parisien, dont les recherches réclament la multiplication d'échanges internationaux. Oui, c'est un devoir de solidarité, pour contribuer par ce biais au développement des pays concernés, et pour vivifier l'interdépendance entre les peuples. Oui, encore, cela est positif pour le rayonnement de Paris à travers le monde, et pour apporter un dynamisme supplémentaire à la culture ou à l'économie parisienne.
2e débat : est-ce du ressort de la municipalité d'agir sur ce terrain ? Les raisons que je viens d'énoncer, mais aussi le simple fait que 45 000 étudiants et plusieurs milliers de chercheurs étrangers résident chaque année sur le territoire parisien rendent la réponse évidente. Bien sûr que nous devons jouer un rôle essentiel. En même temps, l'enseignement supérieur reste dans le champ de compétence de l'Etat. J'ai donc tâché d'inscrire l'intervention municipale dans un cadre de partenariat avec l'ensemble des administrations et opérateurs compétents.
C'est ainsi que j'ai pris voici un an l'initiative de réunir une plate-forme d'accueil universitaire internationale, qui rassemble une vingtaine de partenaires parmi lesquels on trouve aussi bien les services du Ministère des Affaires Etrangères que le CIDJ,
Concrètement, le site internet "eduparis.net" que vient de mettre en ligne la fédération des radios campus, s'affirme comme le portail d'entrée des étudiants étrangers désireux de se renseigner sur Paris. Il permet une indispensable information "en amont" et devrait ainsi éviter beaucoup de situations pénibles, pour cause de mauvaise préparation du séjour.
Dès l'été, des relais d'accueil et d'information vont ouvrir à
La préfecture de police, de son côté, avait dès l'an dernier pris deux mesures améliorant nettement la situation. Elle avait ainsi pu dissocier le renouvellement des cartes de séjour de l'accueil des étudiants primo arrivants. Elle avait également mis en place un système de prise de rendez-vous sur Internet qui permet d'éviter de pénibles files d'attente. Nous essayons de poursuivre dans cette voie, en cherchant, à l'avenir, à ouvrir un véritable " guichet unique ", regroupant les services préfectoraux, mais aussi ceux de l'OMI, de l'Office de Tourisme… et tous ceux qui peuvent contribuer à la bonne installation d'un jeune qui découvre la capitale.
Nous intervenons encore pour faciliter l'accès au logement, dans le cadre du plan pour le logement social des étudiants, mais aussi en rénovant
Je tiens à souligner que ces politiques, nous les avons conçues en étroite concertation avec le Conseil parisien de la vie étudiante, qui est doté d'une commission spécifiquement consacrée à ces questions, commission qui s'avère particulièrement dynamique.
Voilà donc l'illustration d'une politique dont les motifs sont clairement identifiés, qui est régulièrement discutée avec les premiers concernés, qui fédère les principaux partenaires et démultiplient leurs actions et leur impact. J'ai bien l'impression que Paris montre sur ce sujet l'exemple et ne peux qu'espérer que les deux Ministères les plus intéressés sauront s'inspirer de nos travaux pour s'impliquer enfin sur cette question très importante. Il serait temps notamment que puisse commencer à travailler le conseil national pour l'accueil des étudiants étrangers, installé l'an dernier par Jack Lang et Hubert Védrine, stoppé net depuis.