Fillon casse l'école à Paris

Le ministre de l'éducation nationale qui avait promis une réforme "consensuelle", n'a pas écouté les représentants de la "communauté éducative" qui ont tous rejeté son texte!

Depuis des semaines, la communauté éducative: personnels, parents et jeunes, proteste et manifeste contre la loi Fillon sur l'école, contre les fermetures de classes et les suppressions de postes, pour que tous les moyens soient donnés à l'école afin de garantir l'égalité des chances et la réussite de nos enfants.

Le ministre de l'éducation nationale qui avait promis une réforme "consensuelle", n'a pas écouté les représentants de cette communauté éducative qui ont tous rejeté son texte, puis a fait voter le parlement en procédure d'urgence pour éviter un vrai débat. Aujourd'hui, aux jeunes inquiets, qui avaient déjà subi la violence de "cogneurs" et de voyous, brisant leur manifestation pacifique du 8 mars sans que les forces de l'ordre ne soient en mesure de les protéger, le gouvernement envoie la police les matraquer.
A Paris, les attaques du gouvernement contre l'école républicaine, c'est la fermeture de 43 classes dans les écoles maternelles et élémentaires et la suppression d'un peu plus de 300 postes en deux ans.
Nos quartiers populaires sont une cible privilégiée. Non content des inégalités déjà présentes entre établissements parisiens, on assiste à une volonté de les creuser et de créer deux écoles parisiennes, celle de "l'excellence" dans les quartiers Ouest et celle de nos quartiers qui, malgré les efforts du personnel enseignant finira par ressentir fortement ce cruel manque de moyen.
Les options "élitistes" sont de plus en plus regroupées dans les établissements de l'Ouest tandis que les classes préparatoires disparaissent de plus en plus des quartiers Est. Les seules implantations que nous connaissons sont les SEGPA, les UPI, les classes d'accueil pour enfants handicapés et les lycées professionnels. Si notre quartier a besoin de ces établissements, la "ghettoïsation" doit être combattue car elle produit de l'inégalité. Notre quartier a besoin de divers établissements toute compétence confondue, la diversité et la mixité sociale sont des moteurs de la réussite du plus grand nombre.
Ces politiques ont un objectif clair qui est au coeur de la loi Fillon, faire de l'école un service "rentable" alors que l'école doit rester un espace d'apprentissage et d'éducation pour tous, de formation des futurs citoyens de notre pays.
Le gouvernement abandonne de manière radicale la scolarisation des enfants de moins de trois ans. Ce que l'on appelle les TPS (très petites sections) présentée comme un gage de réussite du fait de l'intégration précoce des enfants à l'école, et palliatif de taille au manque de crèches, a été oublié par le budget Raffarin. Les seules écoles qui avec courage continuent ce programme pour le bien de la société et des enfants doivent le faire avec les moyens du bord et sans aucune aide de l'Etat. La scolarisation des enfants n'est plus une priorité.
Ensuite il augmente l'effectif optimum des écoles (le nombre maximum d'élèves qu'une classe peut recevoir). Cette mesure a des conséquences catastrophiques sur la qualité de l'enseignement et va entraîner une importante suppression de postes.
Enfin, le gouvernement Raffarin manipule les chiffres pour mieux nous tromper. En effet, l'obligation scolaire commence à six ans. Il est néanmoins considéré que les enfants de trois ans qui veulent être scolarisés doivent trouver une place. Habituellement sont comptés dans les effectifs dès juin en vue des ouvertures et des fermetures de la rentrée, tous les enfants âgés trois ans à la rentrée ou qui les auraient atteints jusqu'en décembre. Leurs scolarisations avaient donc lieu en septembre. Aujourd'hui il apparaît que l'Éducation nationale ne prend  en compte que les enfants âgés de trois ans au mois de septembre. Ce type de calcul  vise à empêcher bon nombre d' enfants d'êtres inscrits à l'école.
Les jeunes et leurs professeurs sont aujourd'hui inquiets pour l'avenir de l'école. Nous, nous sommes à leurs cotés, au parlement, dans les luttes, et avec les moyens de notre municipalité parisienne, pour préserver au sein de cet espace les valeurs qui font la richesse de notre république.

 


 

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